dimanche 27 juin 2010

Terre de Souffrances

Je suis à Nasca depuis 10 jours. C'est une ville qui a beaucoup changé. Full touristes. Mais c'est une petite ville que j'aime bien. J'y ai passé beaucoup de temps il y a quelques années pour mes fouilles de doctorat. Le temps y a fait son oeuvre. Il y a ici des gens vieux que j'ai connus jeunes, des gens morts que j'ai connus vieux. Du pavé là où il y avait de l'asphalte, de l'asphalte où il y avait du gravier, des chemins de gravier où il n'y avait rien. Il y a un autobus que je sais pertinemment avoir déjà pris qui repose sur des blocs, attendant d'être vendu livre par livre pour la ferraille.


Bref, le temps, on n'y échappe pas..... et tout ça.


Nous sommes présentement sept dans notre maison louée trop cher. Nous avons fait des fouilles exploratoires sur une couple de sites miniers qui n'ont pas donné grand chose. Mais depuis deux jours je vis une des situations les plus intenses et invresemblables de ma carrière: des fouilles au fond d'une mine préhispanique, dans l'obscurité totale (ok, on a des lanternes), dans une chaleur écrasante, un silence absolu et où l'air est entièrement immobile. Les unités que j'ai entamées sont à environ 50 mètres à l'intérieur de la montagne, au delà d'un étranglement d'environ 60 centimètres de haut à travers duquel on doit ramper pour accéder à une galerie où on peut finalement se tenir debout (si on mesure moins de 5 et 10, comme moi).

Je me rends compte que je n'ai jamais vraiment passé de temps dans des grottes, et l'excitation que j'ai ressenti la première journée était très clairement teintée d'une très fluide terreur, tant bien que mal gardée sous contrôle. Ça, et la coca que j'ai commencé à mâcher durant les journées de travail, et qui indéniablement crinque son homme. Indéniablement. Considérablement.

Trame sonore: Digging in the Dirt (P. Gabriel)

Oh, et pour le titre de ce billet, il s'agit de la traduction, grosso modo, de “Nanasca”, d'où la ville tire son nom. L'inca Topa Inca, lorsqu'il a conquis la région qui était alors aux prises avec une terrible sécheresse, se serait exclamé “Ay, Nanasca!”. Terre de souffrances. Le nom est resté.

Aujourd'hui on dirait: “Cibole, méchante dompe!”.


mercredi 16 juin 2010

Musique Québécoise / Routes Péruviennes

Rien de ceci n'était prévu, mais ça a adonné comme ça....

Bataille de chèvres (Grimskunk)

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L'arrivée en ville (The Arcade Fire)
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L'arrivée à La Isla (Vulgaires Machins)

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Chemin de garnotte (Malajube)

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